Les étudiants et le personnel des six universités publiques de Madrid ont entamé mercredi une grève de deux jours pour protester contre un accord de financement conclu entre les recteurs des universités et le gouvernement régional dirigé par Isabel Díaz Ayuso. Les organisateurs le qualifient de « pacte de la honte » et affirment que les financements supplémentaires sont inférieurs aux besoins des campus. Quelque 209 000 étudiants et 32 900 employés, dont 22 800 professeurs, ont été appelés à participer à la grève.

L’accord prévoit 180 millions d’euros supplémentaires en 2027 dans le cadre du nouveau modèle de financement, portant le total à 1,4201 milliard d’euros, soit 14,6 % de plus que l’année précédente. Les organisateurs de la grève estiment que cette hausse part d’une base insuffisante. Le porte-parole du gouvernement régional, Miguel Ángel García Martín, a qualifié la grève de « politique » et déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une protestation en faveur d’un meilleur financement, lequel, selon lui, était à un « niveau historiquement élevé ».

La grève a été fortement suivie à l’Université Complutense de Madrid (UCM) et à l’Université autonome de Madrid (UAM), tandis que l’activité a été moins perturbée à l’Université polytechnique de Madrid (UPM). À l’Université Rey Juan Carlos (URJC), les chiffres officiels indiquaient que 66 % des cours avaient été annulés, et que ce taux dépassait 80 % à Aranjuez et à Alcorcón. Au moment de la publication, le gouvernement régional n’avait pas publié de chiffres officiels sur la participation.

Les préoccupations financières sont particulièrement vives à la Complutense, qui a réduit ses dépenses de 35 % depuis la mi-2024, et à l’URJC, qui cherche à obtenir un prêt de 40 millions d’euros pour couvrir les prochains mois. L’enveloppe attribuée à l’URJC pour 2027 s’élève à 152,8 millions d’euros. Le recteur de l’université, Abraham Duarte, prévoit que son équilibre entre recettes et dépenses commencera à s’améliorer à partir de 2028, à mesure que les financements régionaux augmenteront, mais affirme qu’elle a besoin de soutien d’ici là.

La participation a varié d’un campus à l’autre. Le syndicat CGT a estimé le taux de participation à la grève à 95 % à la Complutense et à 90 % à l’UAM, et évalué la proportion de cours annulés entre 80 % et 85 % dans les facultés de sciences sociales et humaines de l’Université Carlos III, à Getafe. Il a également estimé la participation à environ 85 % sur ce campus dans son ensemble, sans toutefois fournir de chiffre pour le campus de Leganés. La grève a été bien moins suivie à l’UPM.

Une marche prévue depuis le siège du Parti socialiste, rue de Ferraz, jusqu’aux bureaux du Parti populaire, rue de Génova, n’est pas partie du lieu de départ annoncé. Les manifestants ont déclaré que la délégation du gouvernement avait bloqué l’itinéraire ; la délégation a affirmé qu’il avait toujours été convenu que la marche commencerait à 300 mètres de Ferraz. Les manifestants sont finalement partis de Marqués de Urquijo, tandis que la Plateforme pour l’université publique a dénoncé ce qu’elle a qualifié de décision arbitraire.

La grève dans les universités coïncide avec un conflit social plus large dans les écoles madrilènes. Les enseignants de l’enseignement non universitaire en sont à leur quatrième semaine de grève et réclament moins d’heures de cours et des classes moins chargées, davantage de personnel et des salaires plus élevés. Les syndicats affirment que la conseillère à l’Éducation, Mercedes Zarzalejo, ne s’est pas assise à la table des négociations avec eux.

Sources: El País Educación.